Bon, voici le dernier concert que j'ai vu de Rammstein, ça date déjà, mais les autres étant du Mutter tour, je n'ai pas de traces écrites
Freiburg 2005 :Apocalyptica Le Dimanche 13 Fevrier 2005
La réputation live de Rammstein n'est plus à faire, et ça nous en avons tous conscience. Mais depuis la dernière rencontre avec le groupe, sur le Mutter Tour, il faut bien avouer que la situation des Allemands a elle bien changé. Rammstein est maintenant devenu un groupe grand public, écouté par tous les jeunes rebelles, skateurs en manque de critiques et de jeux avec des clichés choquants, naviguant entre provocation et néo-nazisme. Ce genre de changement est rarement bénéfique pour un groupe, c'est pourquoi je ne sais pas trop à quoi m'attendre en ce 13 février au matin.
C'est maintenant une tradition de partir très tôt (14h30) pour arriver très tôt (15h30) et ainsi poireauter dans le froid et sous la neige. Lorsque les portes ouvrent à 19h, c'est la ruée dans la salle. Nous parvenons tout de même à obtenir une place au 1er rang, ou comment attraper une bonne crève en passant de bien froid à très chaud. Les gens s'entassent par milliers derrière nous et l'excitation commence à nous gagner. Nous avons volontairement préféré une date allemande pour ne pas avoir à nous soucier niveau pyro, et aussi pour l'ambiance; ce choix est aussi bien justifié quand on sait qu'on a failli se taper Aqme plutôt que les Apocalyptica qui débarquent à 20h.
Les Finlandais ne sont pas là juste pour faire office de 1ère partie, et c'est sur le monstrueux "Path" que commence le set. Autant leur musique est agréable sur cd, autant en live c'est vraiment impressionnant de voir avec quelle habileté les 4 violoncellistes (plus une batterie) maitrisent leurs instruments. Pas de temps à perdre; le groupe enchaine les titres les uns après les autres, et l'on ne peut s'empêcher d'headbanger à tout va sur cette musique dénuée de toute guitare. Puis vint l'heure de leur spécialité : les covers de Metallica, nous balançant un "Master of Puppets" phénoménal (surtout le passage instrumental) qui nous permettra de pousser un peu la chansonnette. Un peu plus tard, on en aura à nouveau l'occasion sur le très heavy "Seek'n Destroy" qui débarque après 2/3 chansons du nouvel album dont leur single "Bittersweet". Après 40 minutes intensives, le groupe nous balance le majestueux "Hall of the Mountain King" en guise d'au revoir. On a eu droit à un très bon set, profitant d'un très bon jeu de lumière, pour nous faire planer le temps de cette 1ère partie de rêve.
Rammstein Les lumières se rallument après cet apéritif et la scène est déménagée. Les derniers réglages sont effectués et on ne voit toujours rien de ce qu'il se passe derrière cet énorme rideau noir qui masque la scène. L'attente devient insoutenable et le public ne s'arrête plus de scander "Rammstein, Rammstein". Après 25 longues minutes, tout un groupe de personnes vêtues à la façon Reise Reise (chemise blanche, cravate noire), munies de battes de base-ball et de torches qui font se réveiller le public qui n'en peut plus d'attendre, monte sur scène alors que l'intro de "Reise Reise" débute. Le 1er riff fera tomber le rideau, ramassé par les hommes à chemises qui durant tout le show feront office de roadies. Le levé de rideau laisse apparaître une scène immense, constituée de 2 étages avec 3 mètres de dénivelé entre chacun d'eux. La scène du haut se déroule sur d'énorme machines et au milieu de la scène du bas, une grande porte par laquelle sortira Till qui sera la dernier à monter sur scène pour entamer le chant. D'entrée, l'ambiance et le son sont énormes. Personne ne pousse et tout le monde chante, le genre d'ambiance idéale pour vivre pleinement ce genre de show. Till voit d'entrée que le public est très chaud et nous laisse déjà chanter sur les "Hoi, Ahoi". Le refrain est repris en choeur par la salle et l'on distingue aussi bien le chant de Till que celui de la foule. Dès le 2ème couplet, les 2 guitaristes passeront de la partie haute de la scène à la partie basse, via 2 ascenseurs, disposés sur la gauche et la droite de la scène. Ces aller-retours ne cesseront de tout le gig. Seul point négatif, la sécurité s'amusant à nous empêcher de prendre photos et films pendant tout le concert.
Le 1er morceau s'achève sur le solo d'accordéon de Flake qui en profitera pour rejoindre son clavier sur la partie basse de la scène afin de pouvoir lancer "Links". L'intro sera l'occasion pour Doom Doom Schneider de chauffer la salle. Inutile de préciser que ce genre de chanson est encore hurlée par le public et les 1ère explosions retentissent tout au long du morceau sur lequel la fosse jump à la verticale telle une masse uniforme. Pas le temps de respirer, c'est à Oliver de lancer l'intro de "Keine Lust", le morceau le plus "tanz metal" de Reise Reise encore une fois chanté à tue tête. S'ensuit "Feuer Frei", 1er gros morceau de ce concert, avec son intro crescendo où les sirènes retentissent. Till donne le micro au public sur les "Feuer Frei" et les "bang bang" sont repris par la Messe Halle. Le passage calme sera l'occasion pour Till, Paul et Richard de mettre leurs masques lance-flammes, comme lors du Mutter Tour, et de faire un combat de flammes sur la dernière partie de la chanson. Il fait très chaud au 1er rang, je vous laisse imaginer!
L'enchainement sur "Rein Raus" a été conservé, même si je le trouve dispensable, elle a surtout le don d'exciter le public qui répond aux "Rein" des guitaristes. Le public sera donc bouillant après cette chanson et on peut dire que le show peut vraiment commencer. Et de quelle façon!! "Morgenstern" sera un des moments forts de la soirée. La version live étant amputée d'une grosse partie des choeurs, elle est donc d'une violence terrible et les 1ères paroles n'ont pas encore commencé que la foule reprend déjà la 1ère partie de la chanson. Il en sera ainsi sur tout le morceau où le chant de Till sera couvert par les 10000 voix présentes et, pendant ce temps, les explosions se font plus importantes. Vlan! Les musiciens se retirent et l'intro de "Mein Teil" débute; les guitaristes, placés sur des socles aux extrêmes de la scène, lancent le riff énorme de cette chanson. Au moment du chant, le morceau se coupe et Till sort par sa porte, en poussant un énorme chaudron, vêtu d'une toque et d'un tablier, le visage couvert de sang. Il sort un gros couteau dont le pied lui servira de micro. Est-il utile de préciser que ce morceau est une pure boucherie et qu'une nouvelle fois il est repris en choeur par tous, surtout sur les ponts "Denn du bist, was du isst". L'instrumental s'interrompt alors et un roadie amène un gigantesque lance-flamme. Et au vieux Till d'allumer le chaudron dans lequel se trouve le pauvre Flake, qui tentera de s'échapper même si Till lui court après avec sa hachette en hurlant "es ist mein Teil". La chanson se finira en apothéose avec un feu d'artifice violet avant que Flake, suivi des autres musiciens, ne regagne l'arrière de la scène. Enorme!
"Stein um Stein" sera l'occasion de nous refroidir un peu, même si tout le monde chante toujours. Puis à tous les musiciens de descendre sur la partie basse de la scène. Christophe s'installe à une petite batterie et Paul et Richard se munissent de... guitares accoustiques! Chose amusante, pourtant indispensable pour "Los". L'accoustique fera redoubler le grondement des voix qui s'élèvent de la salle et la chanson s'achèvera à l'électrique. Louche mais terrible! Plus traditionnelle, "Moskau" l'est un peu plus et sera enchainée directement. Une fois de plus, la foule saute à la verticale et se déchaine sur les refrains sur lesquels Till chante par-dessus les samples de voix féminines et même en russe. Encore un grand moment.
A propos de moment qui marque, le petit solo électro de clavier ne laissait pas prévoir le morceau qui tombe alors du ciel et qui sera la claque de ce show : "Du Riechst so Gut" vient de nulle part. Qu'il est bon de voir que le public allemand connait autre chose que Reise Reise, et on entend à peine Till chanter. Les paroles des guitaristes seront inaudibles tant elles seront hurlées par les fans. Till nous balancera le coup de l'arc, tel un Live aus Berlin, et que dire du refrain sur lequel il n'essaiera même pas de dire un seul mot, sachant pertinemment que la salle le fera à sa place. On est aux anges et "Du hast" est accueillie comme le messie. Le public est en transe et, une nouvelle fois, Till laisse le micro dans sa main, préférant chauffer la foule qui chante très bien à sa place. Il reprendra son arc et déclenchera 2 treuils en feu qui traverseront la salle entière avant de laisser la foule une dernière fois hurler le refrain.
"Sehnsucht" poursuivra cette avalanche de classiques et les lights à dominante verte accompagneront le mur de flammes de même couleur sur la chanson. Une fois de plus, une grosse partie sera laissée au public. Quel enchainement! On en redemande, et après ces classiques, Till revient seul pour lancer a cappella le nouvel hymne de la planète métal, en chantant "we're all living in Amerika.." qui aura l'effet voulu, tranformant par la même occasion le pit en cour de jeu. Sur la partie finale, des canons (made in USA, je l'avais juste en face de moi! Histoire de casser le mythe! lol) inonderont la salle de confettis rouges, bleus et blancs, accompagnant par la même occasion les lights en forme de drapeau américain. Et Flake achève le gig par une outro aux claviers. Nous ne sommes pas dupes, et il reste encore quelques morceaux à bouffer. Le groupe revient alors pour nous jouer "Rammstein". Exit la veste en flamme, Till surgit de sa porte muni d'un... robot avec 2 bras métalliques; le genre de joujou à faire passer James Bond et Inspecteur Gadget pour des petits joueurs. La version est superbe et Till utilise la fonction lance-flammes de son arme et ne s'arrête plus de faire chauffer la salle.
Après ces 5 minutes brûlantes, on assistera à un autre grand moment de ce show : "Sonne". Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé, mais il me semble que les guitares étaient accordées un ton plus bas, rendant ainsi la version beaucoup plus heavy que jamais. Les lights jaunes sont splendides, le compte à rebours en lumière au fond de la scène accompagne celui braillé par le public, et les flammes n'en finissent plus de rugir. Quel moment magique. Il manque encore un absent, et "Ich will" ne tardera à débarquer, une fois de plus, la foule se fera remarquer tant au niveau chant qu'au moment des "ich will eure Hände sehen", et cotoiera les multiples explosions. Fabuleux, ça n'en finit plus... Rammstein repart, et revient 5 minutes après, accompagné des musiciens d'Apocalyptica, pour un "Ohne Dich" des plus magnifiques, plein d'émotion du début à la fin. Dernière occasion pour nous de nous faire péter les cordes vocales, on le sait, et ça s'entend comme jamais. La fosse ne fait plus qu'un sur la ballade et Till de nous laisser les derniers mots sur "und die Vögel singen nicht mehhhr", avant de prendre une douche d'étincelles. Grand moment.
Avant de partir, Rammstein nous délivrera un ultime morceau, histoire de nous achever, la reprise des Depêche Mode, "Stripped" qui est désormais traditionnelle avec son tour en canöe à travers la salle et Olie se fera ovationner, puis les autres musiciens qui nous diront définitivement au revoir après 2h de concert et, le plus important, après nous avoir régalés, fait gueuler, bref, rêver. On ne demandait rien de plus et ils ont pleinement rempli leur contrat. Ça paraît peut-être dur à croire, mais les attentes avant un concert de Rammstein, ne sont pas loin de la perfection. Alors oui, Rammstein a donné là un concert parfait, dont le seul point discutable est la set-list trop peu axée sur les 2 premiers albums. Mais franchement, on est tellement dans les étoiles qu'on y pense même pas. Personne ne bouge, et la chanson "Engel" qui passe en musique de fond sera, elle aussi, reprise en totalité par la Messe halle, juste histoire que ça dure...Magique, tout simplement...